Quand le propriétaire taxe l’OpenSource d’autarcie

Ces derniers temps, je suis confronté à une situation d’un genre nouveau. Je m’entends de plus en plus dire que les développeurs et les membres de la communauté OpenSource et du Libre en général vivent dans une sorte d’autarcie.

Même si le terme autarcie n’est pas tout à fait exact dans ce cas de figure, on veut nous dire que nous vivons en dehors des réalités (représentées ici par le monde propriétaire) et surtout que nous ne tolérons pas quelconque interaction entre l’OpenSource et les technologies propriétaires.
Ce qui me choque c’est qu’un afficionado des licences privatives, tiennent des propos sectaire l’encontre des Libristes. N’y a-t-il pas ici une antinomie ? Ou bien cela doit-il pousser les Libristes à se remettre en question ?
Notre désir de combattre les logiciels propriétaires, les copyrights, les brevets, ne nous pousse-t-il pas à nous mettre à la marge ? Ne devenons-nous pas de fait ce que nous combattons ?

Ma première réaction est de dire que quelqu’un qui ne jure que par Windows et donc qui est enfermé (selon les canons de la FSF) ne peut décemment pas accuser quelqu’un qui prône l’ouverture de l’informatique de sectarisme sans se tirer une balle dans le pied. Le sentiment que procure l’utilisation de la solution la plus présente dans le monde participe de ce sentiment, et laisse à penser que ceux qui utilisent autre chose, et pratique le prosélytisme à outrance font partie d’une secte.
Ma deuxième réaction a plutôt relevé de la remise en question. En effet, est-ce que le simple fait de se revendiquer Chevalier Blanc de la liberté logicielle, suffit à nous légitimer ? A bien y réfléchir nous usons nous aussi du FUD pour appuyer notre argumentation, il nous arrive aussi de stigmatiser celui qui vous vante les qualités de son Windows 7 ou de son Mac.
Il existe cependant une différence fondamentale. En général tout Libriste ou Néo-Libriste s’est à un moment ou un autre libéré. Ce que je veux dire, c’est que nous étions auparavant utilisateurs « exclusifs » de solutions propriétaires.
Un évènement nous a amené à plonger dans la culture libre. Ceci induit donc que les Libristes parlent souvent en connaissance de cause. Ils sont légitimes pour comparer les solutions Libres/OpenSource et les solutions privatives. Que ce soit sur le plan technique ou philosophique. En ce qui me concerne, je ne pourrais pas retourner dans le monde propriétaire. Son rejet total fait que je dois me priver de certaines choses au nom de « la cause ». Mon « jusquauboutisme » est-il justifiable ? Quels repères un utilisateur informatique lambda, pourrait-il utiliser pour me juger ? Le fait de pouvoir jouer aux jeux vidéos ? lire du Flash sur sa machine ? Le simple fait de répondre à ces questions me fait déjà prendre parti.

Et vous qu’en pensez-vous ?